| En juin 2024, sept salariés de l’UES Vendée ont été sanctionnés pour avoir fait grève.
Les salariés, accompagnés par la CGT Fleury Michon, ont saisi le Conseil des Prud’hommes de La Roche Sur Yon aux fins de voir leur sanction annulée. Après une première audience du Conseil des Prud’hommes où les 4 juges (2 salariés et 2 employeurs) n’ont pu se mettre d’accord sur une décision, une deuxième audience, dite de départage, s’est déroulée le vendredi 5 juin 2026. Lors de cette audience, les 4 conseillers prud’hommes étaient accompagnés par un juge professionnel. |
Pour rappel :
Le jour de l’audience du 18 novembre 2025, plusieurs centaines de travailleurs de toute la France sont venus soutenir nos collègues de travail et défendre notre droit constitutionnel que tente de remettre en cause le patronat par l’intermédiaire de Fleury Michon. A savoir, le droit de grève :
Retour sur le 18 novembre 2025
La direction avait cru bon de sanctionner des salariés grévistes considérant que les conditions légales n’étaient pas réunies
Par décision en date du 17 juillet 2026, le Conseil des Prud’hommes a annulé les sanctions à l’encontre des 7 salariés grévistes en affirmant que « la grève menée depuis septembre 2023 est légale et fondée sur des revendications professionnelles bien précises, concrètes, en correspondance avec la réalité du travail dans l’entreprise » : C’est clair, net et sans ambiguïté : la direction a violé le droit de grève.
Le tribunal a reconnu un préjudice moral aux 7 salariés pour avoir été injustement sanctionnés. Il a également reconnu un préjudice pour l’ensemble des travailleurs représentés par la CGT Fleury Michon, du fait que les sanctions prononcées ont illégitimement porté atteinte au droit de grève qui s’exerçait dans des conditions normales.
Selon notre DRH Groupe, sanctionner des grévistes, c’est respecter le droit de grève !
Lors de l’audience du 5 juin, Monsieur BERDAYES, un de nos DRH, a déclaré : « 90 % des autres salariés sont venus bosser le samedi, c’est pour eux qu’on a sanctionné les autres » (Ouest France du 6 juin 2026)
Ces propos sont extrêmement graves. Ils montrent que la direction a volontairement puni des salariés grévistes, non pas parce que la grève aurait été illégale, mais pour faire un exemple, pour intimider, pour diviser, pour casser la mobilisation.
Le Conseil des Prud’hommes a balayé cette logique patronale en annulant les sanctions et en rappelant que le droit de grève est un droit constitutionnel. De fait, les sanctions visant à intimider les salariés mobilisés sont illégales.
Ce jugement marque une étape importante dans la défense des droits des travailleurs et la lutte contre les abus patronaux.
Cette décision est une victoire collective : elle protège les salariés mobilisés, renforce les libertés syndicales et rappelle que la répression patronale n’a pas sa place dans une démocratie sociale.
La direction annonce faire appel de la décision ! C’est son droit.
La direction fait appel mais cela ne change rien au fait que le Conseil de prud’hommes a reconnu la grève comme parfaitement légale.
C’est une procédure classique : elle demande à un autre tribunal (la Cour d’Appel) de réexaminer le dossier. Mais cela ne veut pas dire que le jugement est faux et que les salariés ont tort.
C’est simplement une étape supplémentaire que la direction choisit d’utiliser.
En faisant appel, la direction s’expose juridiquement à un retour de bâton :
- Le jugement prud’homal est solide.
- L’appel peut confirmer la décision.
- Il peut aussi aggraver les sanctions contre l’employeur.
Pendant que la direction joue les apprentis juristes, les problèmes réels persistent :
- Sous‑effectifs,
- Cadences intenables,
- Conditions de travail dégradées,
- Pressions permanentes,
- Pertes du pouvoir d’achat des travailleurs.
Alors que les salariés encaissent les hausses de volumes, la direction encaisse les profits afin de les réinvestir dans la répression patronale, plutôt qu’à la négociation collective pour les droits des travailleurs.
La CGT le dit haut et fort : Ce n’est pas les salariés qu’il faut sanctionner, ce sont les méthodes brutales de la direction qu’il faut stopper net.
Nous soutenons nos 7 camarades et nous soutenons tous ceux qui refusent de subir. Nous ne laisserons jamais passer une attaque contre un droit fondamental. Nous ne laisserons jamais passer une communication mensongère. Nous ne laisserons jamais passer l’intimidation.
La direction a perdu. Elle peut faire appel, elle peut communiquer, elle peut tourner autour du pot. La réalité ne changera pas : le droit de grève appartient aux salariés.
La CGT demande à la direction de mettre fin à ses attaques contre les salariés. À force de lancer des procédures abusives qu’elle perd systématiquement, la direction ne s’attaque plus seulement aux travailleurs : elle sabote l’image de l’entreprise, fragilise la confiance des consommateurs et joue dangereusement avec nos emplois.
Et si la direction veut continuer l’affrontement, qu’elle sache une chose : nous ne reculerons jamais.
La répression ne fera jamais taire les revendications légitimes des salariés. La CGT continuera de défendre chaque salarié, sans exception.
La CGT Fleury Michon réaffirme son engagement aux côtés des travailleurs.
