Qu’est‑ce qu’un « collaborateur » ?
Dans le langage courant, un « collaborateur » est simplement quelqu’un qui travaille avec quelqu’un d’autre. Mais dans le monde du travail, ce mot n’a aucune existence juridique : le Code du Travail parle de salarié qui a un statut défini par un lien de subordination envers l’employeur.
Quand on change les mots, on change la perception. Quand on change la perception, on change les droits. Le vocabulaire managérial n’est jamais innocent : il prépare les esprits à moins de droits, plus d’obligations, plus d’individualisation.
Pourquoi il faut refuser ce vocabulaire managérial ?
Car on ne travaille pas avec l’employeur, on travaille pour lui, sous son autorité, dans un cadre légal qui reconnaît un lien de subordination.
Employer le terme « collaborateur » revient à gommer cette réalité, à faire croire que la relation de travail serait une coopération égalitaire, alors qu’elle repose sur des droits, des obligations et des responsabilités clairement distinctes.
Le mot « collaborateur » devient un vocabulaire idéologique qui n’est pas innocent. En réalité, il sert à adoucir le pouvoir patronal, à diluer les responsabilités, et à faire croire que tout le monde serait dans le même bateau. Or, quand il faut décider, sanctionner ou licencier, il n’y a plus de « collaboration » : simplement un employeur et un salarié car quand il faut produire, on est « collaborateurs » et quand il faut obéir, on redevient « salariés ».
Parler de « collaborateur », c’est aussi faire croire que tout le monde décide ensemble, des salaires, des horaires, des embauches, des investissements, des primes, des conditions de travail… mais de toute évidence, pour ces sujets, il n’y a plus de « collaborateur », c’est bien l’employeur qui garde le pouvoir.
Un mot lourd d’histoire :
En France, le mot « collaborateur » n’est pas neutre. Il renvoie à une période sombre où « collaborer » signifiait se ranger du côté du pouvoir contre son propre peuple. L’utiliser aujourd’hui pour désigner des salariés n’est pas anodin.
Pour la CGT seule les mots qui nomment la réalité du travail doivent être utilisés :
Salariés, Ouvriers, Employés, Agents, Travailleurs.
Parce que nommer, c’est reconnaître, alors qu’effacer les mots, c’est effacer les droits.
Conclusion :
Nous ne sommes pas des « collaborateurs ». Alors appelons les choses par leur nom : Nous sommes des salariés, avec des droits, une dignité, et une force collective, pas des mots marketing.
